Aller au contenu
PointDécisif

Progresser

Tennis elbow : symptômes, soins et prévention de l'épicondylite

Tennis elbow : d'où vient la douleur au coude, quoi faire aux premiers signes, quels traitements marchent, combien de temps ça dure, comment éviter la rechute.

Par La rédaction
Schéma d'un bras vu de côté, paume vers le bas. Un point rouge marque l'épicondyle latéral, la bosse osseuse à l'extérieur du coude, où s'attache le tendon des muscles extenseurs du poignet, surtout le court extenseur radial du carpe. Trois repères : la douleur se situe à l'extérieur du coude et descend vers l'avant-bras, l'âge le plus touché va d'environ 30 à 50 ans selon l'Académie américaine des chirurgiens orthopédistes, et 80 à 95 % des cas évoluent bien sans chirurgie.

Le tennis elbow, ou épicondylite latérale, est une douleur à l’extérieur du coude, due à la souffrance du tendon des muscles qui relèvent le poignet. Il touche surtout les adultes entre 30 et 55 ans environ, joueurs de raquette ou non. Bonne nouvelle : il s’améliore le plus souvent sans chirurgie, avec du repos relatif et du temps. Il peut toutefois durer plusieurs mois, parfois plus d’un an.

Cet article informe sur une pathologie courante, à partir de sources médicales de référence. Il ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un kinésithérapeute : une douleur au coude qui persiste se fait examiner.

Qu’est-ce que le tennis elbow ?

Le tennis elbow est une tendinopathie : le tendon qui attache les muscles extenseurs de l’avant-bras à l’épicondyle latéral, la bosse osseuse à l’extérieur du coude, est surmené. Selon l’Académie américaine des chirurgiens orthopédistes, le tendon le plus souvent en cause est celui du court extenseur radial du carpe. La surcharge y crée des microdéchirures, là où le tendon s’insère sur l’os.

Ce n’est pas une maladie de joueurs de tennis. L’Académie américaine des chirurgiens orthopédistes rappelle que les peintres, les plombiers, les charpentiers ou les cuisiniers en souffrent plus souvent que la moyenne. Le NHS, le service de santé britannique, cite aussi le travail sur ordinateur, à la souris ou au clavier. Dans une étude menée en Finlande auprès de 4 783 adultes de 30 à 64 ans, publiée en 2006, 1,3 % avaient une épicondylite latérale avérée, sans différence entre hommes et femmes, avec un pic entre 45 et 54 ans.

Son cousin, l’épicondylite médiale, fait mal à l’intérieur du coude. La même étude la trouve environ trois fois moins fréquente : 0,4 %.

Les symptômes

La douleur est à l’extérieur du coude, parfois décrite comme une brûlure. Elle descend souvent vers l’avant-bras. Selon le manuel MSD, elle apparaît quand on relève le poignet, et s’aggrave quand on serre fort un objet.

Les signes les plus fréquents :

  • une douleur qui s’installe progressivement ;
  • une gêne pour serrer : tenir une raquette, une tasse, une poignée de porte, un sac ;
  • une sensibilité au toucher sur la bosse extérieure du coude ;
  • parfois une douleur la nuit, qui peut gêner le sommeil.

Le diagnostic est clinique : le médecin appuie sur l’épicondyle et fait relever le poignet contre une résistance. Une radio ou une IRM ne servent en général qu’à écarter une autre cause.

Pourquoi les joueurs de tennis et de padel l’attrapent

Au tennis, le manuel MSD cite d’abord les revers répétés. L’Académie américaine des chirurgiens orthopédistes met en cause une mauvaise technique de frappe et un matériel inadapté. Le manuel MSD ajoute plusieurs facteurs :

  • des frappes décentrées, hors du point idéal du tamis ;
  • des balles mouillées et lourdes ;
  • une raquette aux cordages trop tendus ou au manche trop court ;
  • une faiblesse des muscles de l’épaule et de l’avant-bras.

Nos sources médicales ne traitent pas spécifiquement du padel. Les mêmes facteurs y sont plausibles : frappes décentrées, prise trop serrée, matériel inadapté. Notre guide pour prévenir les blessures au padel détaille les réglages de la pala qui ménagent le coude.

Que faire dès les premières douleurs ?

Les premiers jours comptent. Le NHS recommande de commencer par des soins simples, à la maison :

  • mettre le bras au repos relatif, en évitant les gestes qui déclenchent la douleur, raquette comprise ;
  • appliquer du chaud ou du froid, pendant 20 minutes, toutes les 2 à 3 heures ;
  • prendre un antalgique simple comme le paracétamol, ou appliquer un gel anti-inflammatoire, en respectant la notice et l’avis du pharmacien ;
  • faire des exercices doux pour le bras ;
  • porter un bracelet ou une attelle de l’avant-bras.

Si la douleur ne s’améliore pas après 2 semaines de ces soins, le NHS conseille de consulter un médecin. Et si la douleur fait suite à un choc, ou s’accompagne d’autres signes inhabituels, consultez sans attendre : un médecin doit écarter une autre cause.

Les traitements

La kinésithérapie et les exercices. Le NHS oriente vers un kinésithérapeute quand les soins à domicile n’ont pas suffi après 6 semaines : massages, étirements, ultrasons. Le manuel MSD cite le repos, la glace, la rééducation et des exercices progressifs. Son gain reste modeste. Dans un essai randomisé publié dans The Lancet en 2002, auprès de 185 patients, 91 % allaient mieux à un an après de la kinésithérapie, contre 83 % en se contentant d’attendre, une différence non significative. Dans l’essai publié dans le JAMA présenté plus bas, la kinésithérapie n’a pas changé les résultats à un an, mais elle a soulagé plus vite les premières semaines.

L’attelle et le bracelet. Le NHS et le manuel MSD les citent parmi les soins, aux côtés du repos et des exercices.

L’infiltration de corticoïdes : un soulagement qui se paie. Elle calme la douleur à court terme. Mais un essai randomisé publié en 2013 dans le JAMA, mené auprès de 165 patients souffrant depuis plus de 6 semaines, montre qu’à un an, les patients infiltrés vont moins bien que ceux qui ont reçu une injection placebo, et rechutent beaucoup plus souvent.

Graphique en barres. Guéris ou nettement améliorés à un an : 83 % après une infiltration de corticoïdes, 96 % après une infiltration placebo. Rechute dans l’année : 54 % après une infiltration de corticoïdes, 12 % après une infiltration placebo. Source : Coombes et al., JAMA, 2013.

Au bout de 4 semaines, en revanche, les patients infiltrés allaient bien mieux. Ce n’est pas un résultat isolé : une revue systématique publiée dans The Lancet en 2010, qui a réuni 41 essais randomisés et 2 672 participants, conclut que l’infiltration réduit la douleur à court terme, mais que cet avantage s’inverse à moyen et à long terme. L’essai de 2002 va dans le même sens : 92 % de succès à 6 semaines après infiltration, mais 69 % à un an, contre 83 % pour ceux qui avaient simplement attendu. Ces études ne disent pas pourquoi les rechutes sont plus fréquentes ensuite. Pour un joueur pressé de rejouer, la décision se prend donc avec le médecin, en connaissant ce compromis.

Les autres traitements. L’Académie américaine des chirurgiens orthopédistes cite aussi les injections de plasma riche en plaquettes parmi les traitements non chirurgicaux. Leur intérêt se discute au cas par cas avec un spécialiste.

La chirurgie, en dernier recours. Elle n’est envisagée qu’après 6 à 12 mois de traitement bien conduit sans résultat, selon le NHS et l’Académie américaine des chirurgiens orthopédistes. Cette dernière la juge réussie dans 80 à 90 % des cas, avec un retour au sport en général 4 à 6 mois après l’opération.

Combien de temps dure un tennis elbow ?

Plusieurs semaines à plusieurs mois, parfois plus d’un an. Le NHS précise qu’il passe en général avec le repos, mais peut durer plus d’un an. L’Académie américaine des chirurgiens orthopédistes estime que 80 à 95 % des patients vont mieux sans chirurgie. Le temps fait une grande partie du travail : dans l’essai publié dans The Lancet en 2002, 83 % des patients qui avaient simplement attendu, sans infiltration ni kinésithérapie, allaient mieux au bout d’un an.

Reprendre le tennis sans rechuter

Reprendre progressivement. Le rythme de reprise se fixe avec le médecin ou le kinésithérapeute. Mieux vaut commencer par des échanges courts et sans forcer, plutôt que par un match.

Revoir son matériel. L’Académie américaine des chirurgiens orthopédistes indique que les raquettes plus rigides et les cordages moins tendus réduisent souvent la contrainte sur l’avant-bras, et qu’un tamis plus petit peut aider à éviter la récidive. Le manuel MSD, lui, met en cause les cordages trop tendus et les manches trop courts. En pratique :

  • baisser la tension du cordage : notre guide pour choisir son cordage de tennis détaille aussi les familles de cordage les plus confortables ;
  • vérifier la taille du manche, qu’un manche trop court, cité par le manuel MSD parmi les facteurs de risque, ne force pas la prise. Notre guide pour choisir sa raquette de tennis explique comment la mesurer.

Corriger le geste. L’Académie américaine des chirurgiens orthopédistes cite une mauvaise technique de frappe parmi les causes. Un enseignant peut aider à la corriger.

Renforcer l’épaule et l’avant-bras. Le manuel MSD cite leur faiblesse comme un facteur de risque. Le programme de renforcement prescrit par le kinésithérapeute se poursuit utilement après la guérison, comme prévention.

Questions fréquentes

Faut-il arrêter complètement le tennis ?

Pas forcément, mais il faut arrêter ce qui fait mal. Le repos relatif consiste à éviter les gestes douloureux, pas à immobiliser le bras. Tant que le revers ou le service déclenchent la douleur, on les met de côté, et l’on reprend progressivement avec l’accord du médecin ou du kinésithérapeute.

Le bracelet anti-tennis elbow est-il utile ?

Le NHS le cite parmi les soins de première intention, aux côtés du repos relatif et des exercices. Il ne remplace ni l’un ni l’autre.

Faut-il faire une infiltration ?

C’est une décision médicale. Elle soulage vite, mais l’essai publié dans le JAMA en 2013 montre de moins bons résultats à un an qu’un placebo, avec 54 % de rechutes contre 12 %. Le compromis se discute avec le médecin.

Quelle est la différence entre tennis elbow et golf elbow ?

Le tennis elbow, ou épicondylite latérale, fait mal à l’extérieur du coude. L’épicondylite médiale, souvent appelée golf elbow, fait mal à l’intérieur du coude. Elle est environ trois fois moins fréquente, selon l’étude finlandaise publiée en 2006.

Le padel donne-t-il aussi des tennis elbow ?

Le tennis elbow n’est pas propre au tennis, et l’on en voit aussi chez les joueurs de padel. Nos sources médicales n’étudient pas ce sport, mais les mêmes facteurs y sont plausibles : prise trop serrée, frappes décentrées, matériel inadapté.

À retenir

  • Le tennis elbow est une souffrance du tendon des extenseurs du poignet, à l’extérieur du coude. Il touche aussi beaucoup de non-joueurs.
  • Dès les premiers signes : repos relatif, chaud ou froid, exercices doux, bracelet. Consulter si rien ne s’améliore après 2 semaines.
  • La kinésithérapie est proposée quand les soins à domicile ne suffisent pas. L’infiltration soulage vite, mais fait moins bien qu’un placebo à un an.
  • 80 à 95 % des patients vont mieux sans chirurgie. Le tennis elbow peut toutefois durer plus d’un an.
  • Pour ne pas rechuter : reprise progressive avec le soignant, cordage moins tendu, manche adapté, et une technique de frappe corrigée.

Pour aller plus loin sur le matériel qui ménage le bras, voyez notre guide pour choisir son cordage de tennis, et, côté padel, celui pour choisir sa raquette de padel.