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Recruter et garder des bénévoles dans un club de raquette

Le bénévolat se raréfie dans les clubs de tennis, padel et pickleball. Ce qui fonctionne pour recruter, et surtout ce qui fait que les gens restent.

Par La rédaction
Quatre paliers d'engagement bénévole, de la demi-journée au bureau du club, en escalier.

Tous les clubs de raquette disent la même chose : les adhérents sont là, les bénévoles manquent. Les mêmes trois personnes portent le bureau, l’école de tennis, les tournois et la buvette, jusqu’au jour où elles s’arrêtent en même temps. Ce n’est pas une fatalité, mais un problème de méthode. Recruter des bénévoles est une chose ; les garder en est une autre, et c’est la seconde qui se travaille le moins.

Pourquoi l’appel général ne recrute personne

« Nous cherchons des bénévoles » sur le site du club, dans la newsletter, à l’assemblée générale : cet appel ne fonctionne presque jamais. Il ne dit ni ce qu’il y a à faire, ni combien de temps cela prend, ni jusqu’à quand. Il s’adresse à tout le monde, donc à personne. Et il laisse entendre que s’engager signifie s’engager pour tout, pour longtemps — ce qui fait fuir précisément les gens qui auraient donné quelques heures.

Demander précisément

Ce qui fonctionne est l’inverse : une mission bornée, décrite en trois lignes. Tenir la table d’accueil du tournoi jeunes, samedi de 9 h à 13 h. Prendre en photo les équipes du championnat, trois dimanches dans l’année. Mettre à jour la page Facebook une fois par semaine pendant la saison. Chaque mission a un contenu, une durée, une fin.

Et la demander à quelqu’un, pas à la cantonade. Un adhérent sollicité personnellement, pour une tâche qui correspond à ce qu’il sait faire, accepte souvent. Le même adhérent qui lit un appel général ne se sent pas concerné.

Le premier engagement doit être petit

La règle d’or : on ne propose jamais un poste au bureau à quelqu’un qui n’a encore rien fait. On propose une demi-journée. Celui qui a tenu la table d’accueil et y a pris plaisir acceptera de coordonner l’accueil du tournoi suivant. Celui qui a coordonné trois tournois pourra envisager la commission compétition. L’engagement grandit par paliers, et chaque palier est un choix.

Les parents de l’école de tennis sont le premier réservoir : ils sont là chaque semaine, ils attendent, ils connaissent le club. Leur demander une petite chose pendant qu’ils attendent est souvent le début d’un long bénévolat.

Barres classant les raisons d'arrêt d'un bénévole : mission sans fin, isolement, aucun retour, conflits du bureau, et loin derrière le manque de temps.

Répartir, sinon ils partent ensemble

Trois personnes qui portent tout finissent par partir en même temps — par épuisement, par déménagement, ou parce que les enfants ont grandi. Le club se retrouve alors sans mémoire ni relais. La dilution des tâches n’est pas une question de confort : c’est une mesure de survie.

Concrètement : chaque responsabilité a un titulaire et un suppléant ; aucun bénévole ne cumule plus de deux missions ; et les tâches ingrates — la buvette, le rangement — tournent plutôt qu’elles ne s’installent sur les mêmes épaules.

Reconnaître, tout le temps, pas une fois par an

La reconnaissance retient plus que n’importe quel avantage. Elle ne se joue pas à l’assemblée générale, dans un remerciement collectif que personne n’écoute, mais dans le quotidien : un message le soir du tournoi, le prénom cité dans la newsletter, un mot du président devant les autres.

Quelques gestes qui coûtent peu et pèsent beaucoup : un repas de fin de saison réservé aux bénévoles ; une tenue du club ; la prise en charge de la licence ; l’accès à une formation fédérale. Et le plus important : dire ce que leur action a produit. « Grâce à toi le tournoi a accueilli quarante enfants » vaut plus que « merci pour ton aide ».

Ce qui fait partir un bénévole

Dans l’ordre de fréquence : le sentiment que sa mission n’a pas de fin ; le sentiment d’être seul ; l’absence de retour sur ce qu’il fait ; les conflits internes au bureau, dont il devient l’otage ; et l’impression que le club le considère comme acquis. Aucune de ces raisons n’est une question de temps disponible — c’est ce que disent les bénévoles qui restent : ils ont autant de contraintes que ceux qui partent.

Le cas particulier des nouvelles pratiques

L’arrivée du padel ou du pickleball dans un club change le profil des adhérents : plus d’adultes, souvent sans enfant au club, venus pour un sport social. C’est un réservoir de bénévoles différent — moins disponible le mercredi après-midi, plus disponible pour organiser une soirée ou un tournoi entre adultes. Un club qui ouvre une section padel a intérêt à lui donner ses propres relais bénévoles plutôt qu’à charger encore ceux du tennis.

Questions fréquentes

Comment convaincre un parent de l’école de tennis de s’engager ?

En lui demandant une chose précise, courte et utile pendant qu’il attend au bord du court : tenir la table d’un tournoi jeunes une matinée, prendre les photos d’une journée, gérer un groupe de messagerie. Pas un poste, pas un engagement à l’année. La suite vient d’elle-même si l’expérience est bonne.

Faut-il rémunérer ou défrayer les bénévoles ?

Le bénévolat est par définition non rémunéré, mais un club peut prendre en charge des frais réels et offrir des contreparties symboliques : licence, tenue, repas de fin de saison, formation fédérale. Ce qui retient n’est pas la contrepartie, c’est la reconnaissance du quotidien et le sentiment d’être utile.

Que faire quand les mêmes trois personnes portent tout ?

Répartir avant qu’elles ne partent ensemble : nommer un suppléant pour chaque responsabilité, limiter chacun à deux missions, faire tourner les tâches ingrates. Et leur demander explicitement de recruter leur remplaçant — c’est la mission la plus importante d’un bénévole expérimenté.

À retenir

  • L’appel général ne recrute personne ; une mission bornée, demandée à quelqu’un, oui.
  • Le premier engagement est petit, et l’engagement grandit par paliers.
  • Titulaire et suppléant partout ; deux missions maximum par personne.
  • La reconnaissance se joue au quotidien et dit ce que l’action a produit.
  • On part par isolement et par absence de fin, pas par manque de temps.

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